Freunde Bleiben
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lll----J'allai m'asseoir sur un banc, lllenfonçant dans mes oreilles mes lllécouteurs. C'était la récréation, mais lllpersonne n'était sorti dans la cour du lllcollège. Il faisait trop froid. L'hiver llls'installait depuis quelques semaines.
lllPff. Que des mauviettes. Moi, le froid lllme revigorait.
lllMême mes amis ne vinrent pas me lllrejoindre. A croire qu'ils savaient lllqu'ils passeraient bientôt au second lllplan. La preuve, ils s'éloignaient de lllmoi de jour en jour. Mais nous lllgardions de bonnes relations, et des lllsourires hypocrites, histoire de... Ils lllavaient remarqué mon regard llldifférent envers les deux lllénergumènes, d'un an nos aînés. lllJ'étais plutôt fière d'avoir parlé enfin lllavec eux, pourtant, je n'avais pas lllpartagé cette joie avec mon petit lllgroupe de faux-culs. Que ce soit en lllFrance ou en Allemagne, ils sont tous lllpareils. J'en avais assez soupé.
lllPlongée dans mes pensées frigorifiées, lllje ne vis pas de suite la fine silhouette lllnoire qui vint s'installer près de moi.
? :
- Hein hein, toi aussi t'aimes le froid...
----Congelée, je ne pus pas sursauter, mais ma surprise me fit rapidement tourner la tête vers l'inconnu.
Bill. Que me voulait-il ?
----La dernière fois, un "C'est qui" accusateur et un regard froid m'avaient accueillis. Il suffit que le double à côté de moi lui adresse un simple sourire pour que l'androgyne reprenne un visage neutre, mais toujours empli de méfiance. Ah ah ! Il sera pas facile à mater celui-là !
Toute l'heure de permanence, je restai en garde à vue, derrière les barreaux de questions, m'empêchant d'atteindre la liberté de la rencontre et de la connaissance amicale. J'avais des menottes invisibles tellement ses yeux poudrés de noir m'interdisaient d'aller plus loin.
En revanche, je n'avais pas adressé un regard au blond. Il n'avait rien de particulier celui-là.
C'est la première fois que je le voyais avec les jumeaux, cependant, j'avais déjà mon opinion sur lui.
Pas très bonne, je dois vous l'avouer. Il était leur ombre et espérait gagner leur degré de haine donné par les autres vraisemblablement.
D'ailleurs, un qui me détestait déjà ? C'était bel et bien ce bon vieil Andreas -car il s'agit bien de lui, celui que vous connaissez en tant que "meilleur ami des frères Kaulitz"- et je lui rendais la pareille.
Savait-il lire l'avenir ? Avait-il entre aperçu une gêneuse ? Nous n'en sommes pas encore à ce chapitre.
----Depuis ce jour, je n'avais pas reparlé à Bill et Tom. En fait, cela faisait plusieurs mois.
Tom m'adressait parfois un sourire discret. J'avais bien compris qu'il était le plus sociable des trois. Sûrement le moins tracassé par les moqueries. Bill était indifférent. Il passait, ne me voyait pas. Quoique, je préférais ça à son précédent regard haineux... que m'adressait dorénavant Andreas. Ah ! Quelle équipe ceux-là ! Je désespérais.
Mais revenons à la situation "présente".
Je hochais la tête en réponse à Bill. En effet, j'aimais le froid... et le silence.
Lui aussi apparemment, car les anges volèrent au dessus de nous plusieurs minutes.
Il reprit -comme quoi, lui aussi il pouvait bien papoter un peu :
Bill :
- Alors comme ça, t'as réussi. J'veux dire. Avec Tom.
----Je ne sus quoi répondre sur le coup.
Hésitante, je comprenais peu à peu où il voulait en venir. J'avais parlé au dreadeux et ce dernier semblait m'apprécier. Pour Bill, c'était peut-être incroyable. Pour moi, c'était normal. Une simple coïncidence dans les places libres qui fait qu'on adresse forcément la parole à son voisin... mêlée à une "légère" envie de connaître la personne par la même occasion.
Et sans précédent, m'étonnant moi-même de la liberté prise entre mes pensées et mes mots, je lui parlai pour la première fois.
Pauline :
- Hum. Si on veut. Mais à ce que j'vois, ça marche pas pareil avec toi.
----Bill souria. Je n'en croyais pas mes yeux. Je l'avais fait sourire !
A moins que ce ne soit un sourire ironique. Mince !
Pas d'affolement, ni d'excitation, ce n'était pas le moment de tout foutre en l'air.
Bill :
- Hum. Si on veut !
Pauline :
- J'ai presque cru un instant que tu étais bavard et comique...
Bill :
- C'est le cas. Tu m'en laisses pas la possibilité.
Pauline :
- Non mais je rêve ! Jt'empèche à rien du tout, c'est toi qui m'agresse à chaque fois ! avec ton "c'est qui" à la con et "t'aimes le froid" !
Bill :
- Oh ! Tout doux ! s'cuse... Toi, tu s'rais pas un peu susceptible ?!
Pauline :
- Désolée.
----Et voilà que nous nous m'étions à s'excuser l'un à l'autre! Et ben ! On allait aller loin avec ça !
Finalement, la même ambiance resta que la première fois. Froide. Engendrée par la saison par la même occasion. Mais un rayon de soleil vint percer les nuages.
? :
- Héhé ! Ca y est ! Ca papote déjà ! ... Fiou. Des mois, ce serait un record, hein Bill ? Pour une fois que tu ne mets pas des années.
----Nous avions les yeux fixés au sol, dépités par l'attitude de l'autre, néanmoins, lorsque cette voix résonna, seuls un sourire et un relèvement de la tête étaient acceptés. Rapidement, cependant, ils durent s'effacer. Je ne voulais pas que Bill voit ma satisfaction de l'entrée de son jumeau, et vice-versa. Le silence n'eut pas le temps de se prolonger à nouveau, la sonnerie redoutée des élèves, mais qui me délivrait des deux loustics, retentie. L'autre pipelette se chargea de terminer la conversation...
Tom :
- Eh, Pauline ! T'écoutes de la bonne musique... enfin, sûrement bonne au goût de Bill parce que moi... Passe à la maison, un de ces quatre, on a un truc à te faire écouter. Tchüss !
----Sur ce, il partit, laissant Bill et moi interloqués de cette invitation. Sans un regard pour moi, il suivit le premier.
Cette discussion n'avait pas porté ses fruits de sympathie mais au moins, c'était une discussion...
Je pris néanmoins la décision de ne pas répondre à la demande de Tom, qui d'ailleurs, s'était souvenu de mon prénom et avait pris le soin de tendre l'oreille vers mes écouteurs au volume réglé trop fort. Pas besoin d'aller chez eux pour écouter de la musique. Ni pour quoi que ce soit d'autre. Pourquoi m'inviter subitement ? Je n'avais parlé qu'une fois à chacun d'eux, à l'un depuis des mois, à l'autre, froidement... Je n'avais pas vraiment envie de réitérer l'expérience. Finalement, ils ne répondaient peut-être pas à mes attentes, à mon imagination débordante de fillette de 11 ans, à mes idées que je m'étais faites d'eux... En plus, je ne savais même pas où ils habitaient. En résumé, je n'irais pas. Psychologiquement et physiquement, c'était impossible.
----Me dirigeant vers le bâtiment qui n'était plus aussi grand que dans mes premières impressions, je rejoignis mes "amis", tout en repensant à cette pause sur le banc. Eh bien ! J'avais réussi à parler normalement et plus encore, à prendre la mouche !
"Incroyable", comme dirait l'autre.
inspired, photo, déco & text